FORMER PLUS D' HORLOGERS, PLUS VITE §
«Au secours, on manque d'horlogers!» C'est le cri d'alarme lancé par les professionnels de la montre. La troisième industrie suisse d'exportation manque de bras.
Le groupe horloger Swatch Group cherche à pourvoir au moins 500 emplois en Suisse. Il manque 140 horlogers qualifiés chez la marque très haut de gamme Breguet, estime Nicolas Hayek, qui déplore qu'«une génération entière fait défaut».
La faute à la crise horlogère des années 70, qui a détourné les jeunes du métier. Face à cette pénurie, nombre d'entreprises, qui ont ouvertement critiqué le manque d'engagement des cantons, vont puiser leur main-d'œuvre en France. L'entrée en vigueur de l'accord sur la libre circulation des personnes a accéléré ce phénomène. Certaines marques ont décidé de former elles-mêmes leurs forces vives, alors que d'autres rappellent les horlogers partis à la retraite.
Si le milieu horloger parle de pénurie, il faut noter que les effectifs dans l'industrie horlogère et microtechnique se sont fortement accrus ces dernières années. Si bien que les valeurs se rapprochent du niveau atteint il y a 25 ans.
Alors que les effectifs des personnes non qualifiées ou semi-qualifiés diminuent, le niveau de formation ne cesse de gagner en importance dans une industrie toujours plus active dans le haut de gamme. Désormais 8,4% des collaborateurs en production bénéficient d'une formation supérieure. Une nécessité pour faire face à la concurrence chinoise et japonaise, et pour apporter de la valeur ajoutée à des produits qui continuent à bénéficier de l'image d'excellence véhiculée par le «swiss made».