LA PRODUCTION HORLOGERE TIREE VERS LE HAUT
L'horlogerie bouillonne de partout. Tant au niveau de la créativité et de l'innovation...
Mais un premier risque saute aux yeux : le gouffre qui se creuse entre le très haut de gamme et l'entrée de gamme. Cette horlogerie à deux vitesses semble en effet abandonner le segment intermédiaire. C'est comme si l'industrie automobile ne proposait plus que des Ferrari et des Rolls-Royce d'un côté et des Smart de l'autre. On assiste à un glissement qui paraît irréversible, avec une tendance à déserter des produits entre 1000 et 3000 francs suisses.
Autre risque et certainement le plus dangereux pour l'industrie, celui de la pénurie. Elle n'arrive plus à faire face à la demande. Alors que les carnets de commandes sont archi-pleins pour 2007, de très nombreux produits de l'an passé n'ont pas encore été livrés. Tout simplement parce que l'appareil de production a la tête sous l'eau. En amont, fabricants de boîtes et de cadrans, par exemple, n'arrivent pas à suivre le rythme frénétique des commandes. Du coup l'aval tarde aussi. En Suisse, il faudrait des années et des centaines de millions de francs d'investissements pour combler uniquement les besoins actuels. Et comme ETA, le principal fournisseur de l'industrie, va gentiment fermer le robinet des ébauches, il y a de quoi s'inquiéter.