L’horlogerie sera aussi touchée par la crise

Publié le par CRP Passerane

Si vous consultez les sites web d'horlogerie, vous constaterez que la crise financière mondiale n'est pratiquement pas mentionnée. Les discours officiels ne parlent que des progressions à 2 chiffres du premier semestre... En cherchant bien, on trouve tout de même quelques spécialistes qui osent dire la réalité :

«On ne peut pas extraire du marché mondial de la consommation 1200 milliards de dollars et s’imaginer que l’on va consommer comme avant. Nous allons forcément vivre une baisse de l’activité économique.»

Toutes les gammes de montres ne seront pas logées à la même enseigne. En septembre déjà, observe le président de la FH, on constate une bonne tenue des objets de luxe ainsi que des montres économiques. En revanche, le moyen de gamme (de 600 à 1200 francs en prix publics) est le moins performant. «Ce n’est pas nouveau mais, cette fois, c’est bien marqué.» Franco Cologni estime quant à lui que la haute horlogerie (dès 20 000 francs) ne sera pas vraiment affectée. Les superbes «Daytona» de Rolex ou les Cartier incrustées de diamants trouveront toujours leurs happy few.
 
 Les super-riches qui surfent sur la crise ne sont pas encore une espèce en voie de disparition. Mais «les bourgeois de l’horlogerie de luxe», dont les bonis de fin d’année auront été balayés par la bourrasque financière, seront assurément plus réservés. «Après l’achat acte d’amour vient le temps de l’achat acte d’investissement.» Aux yeux des consommateurs aisés, la montre de prestige est aussi une valeur refuge. Quand les temps deviennent incertains, l’objet qui dure donne la certitude illusoire de son immortalité.

Comme les gammes de montres, les entreprises sont elles aussi plus ou moins exposées. Celles qui ont diversifié leurs marchés, consolidé leur production et leur distribution sont mieux armées pour traverser la tempête. C’est sans doute le cas de la maison Tissot, membre de Swatch Group, qui écoule 2,5 millions de pièces par année. «Si je devais perdre 3 à 5% sur les marchés européens, ce manque à gagner serait compensé par les pays émergents», souligne François Thiébaud, président d’une marque qui pourtant se situe dans une gamme de prix vulnérable (entre 300 et 1000 francs).

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http://www.hebdo.ch/Edition/2008-44/Actuels/economie/sera_aussi_touchee_par_la_crise.htm
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